Différences des taux d'hormones entre le sang et les tissus
Hetemäki, Natalia et al. “Adipose Tissue Sex Steroids in Postmenopausal Women With and Without Menopausal Hormone Therapy.” The Journal of clinical endocrinology and metabolism vol. 110,2 (2025): 511-522. doi:10.1210/clinem/dgae458
Wang, Feng et al. “Quantification of multiple steroid hormones in serum and human breast cancer tissue by liquid chromatography-tandem mass spectrometry analysis.” Frontiers in oncology vol. 14 1383104. 28 May. 2024, doi:10.3389/fonc.2024.1383104
Fehér, T, and L Bodrogi. “A comparative study of steroid concentrations in human adipose tissue and the peripheral circulation.” Clinica chimica acta; international journal of clinical chemistry vol. 126,2 (1982): 135-41. doi:10.1016/0009-8981(82)90029-8
Introduction
On mesure habituellement les taux d'hormones stéroïdiennes dans le sang et il est commun de les considérer comme des marqueurs fiables et précis pour juger de la santé hormonale d'un individu. Pourtant, comme pour de nombreuses autres molécules, le taux sanguin reflète beaucoup plus la quantité qui y circule à un instant T que l'activité tissulaire ou cellulaire réelle. Selon le stéroïde, le taux circulant est en grande partie destiné à être excrété par voies urinaire ou biliaire après conjugaison par le foie.
Certains stéroïdes sont essentiellement produits par une glande, puis mis en circulation à destination des autres tissus. Dans un tel cas, le taux sanguin est un reflet plus pertinent, bien que cela ne garantisse pas la pénétration et l'action locale. Pour d'autres stéroïdes, la synthèse a lieu dans la quasi totalité des cellules, où ils jouent des effets intracrines ou paracrines, c'est-à-dire qu'ils agissent à l'intérieur de la cellule qui les a synthétisés ou dans l'environnement immédiat, sans atteindre la circulation.
Il n'existe pas une grande littérature scientifique comparant les taux de stéroïdes circulant dans le sang avec ceux qui sont trouvés dans les tissus. Le sujet n'intéresse que très peu l'industrie, qui préfère les messages simplistes, plus efficaces à justifier la vente d'hormones de synthèse. Pourtant, en fouillant un peu, nous trouvons des travaux sur le sujet.
Je vous propose ici trois articles qui abordent, au moins en partie, cette question. Je vais me concentrer sur la partie qui nous intéresse ici, à savoir la comparaison entre hormones circulantes et tissulaires, et vous en proposer une lecture en conclusion.
Hetemäki et al 2024
Objectif de cette étude :
Évaluer l’impact du traitement hormonal (HT) oral sur les concentrations et le métabolisme des œstrogènes et androgènes dans le tissu adipeux sous-cutané et viscéral chez des femmes ménopausées.
Design / Méthodes :
Étude observationnelle comparative portant sur 63 femmes ménopausées, dont 50 sous HT oral et 13 sans HT. Les chercheurs ont mesuré les stéroïdes dans le sérum et le tissu adipeux (estrone, estradiol, progestérone, testostérone, androstènedione, DHEA, estrone sulfate) ainsi que l’activité de la stéroïde sulfatase et l’expression génique des enzymes et récepteurs impliqués dans le métabolisme des stéroïdes.
Il est à noter que les sujets de l'étude sont des femmes ménopausées admises à l'hôpital d'Helsinki pour des chirurgies abdominales ou laparoscopiques. Les indications chirurgicales étaient non malignes (pas liées à des cancers) et comprenaient : fibromes utérins (n = 22), hyperplasie endométriale bénigne (n = 2), kystes ovariens (n = 25), salpingite et oophorite chroniques (n = 3), prolapsus vaginal partiel ou total (n = 10), et dyspareunie (n = 1).
J'ai passé en gras les conditions de santé qui suggèrent une dominance oestrogénique. Les 3 premières sont des proliférations cellulaires indifférenciées et le prolapsus vaginal est le fruit d'un manque de tonicité musculaire. Dans une lecture bioénergétique, ces conditions sont typiques d'une dominance oestrogénique. En tous les cas, la cohorte étudiée n'est pas saine, et, à mon sens, plus de la moitié des sujets présentent donc des signes de dominance oestrogénique.
Résultats