Endométriose, les oestrogÚnes au coeur de la pathologie
GarcĂa-GĂłmez, Elizabeth et al. âRegulation of Inflammation Pathways and Inflammasome by Sex Steroid Hormones in Endometriosis.â Frontiers in endocrinology vol. 10 935. 29 Jan. 2020, doi:10.3389/fendo.2019.00935
Sommaire de l'article
- Introduction
- Méthode utilisée
- Résultats (les 8 caractéristiques biologiques primaires et récurrentes de l'endométriose)
- Discussion
- Mon interprétation
Introduction
LâendomĂ©triose est une maladie de type prolifĂ©ratif qui toucherait 10 Ă 15% des femmes dans notre sociĂ©tĂ© moderne, certaines sources mĂ©dicales estiment jusquâĂ 20% de prĂ©valence rĂ©elle, une grande partie Ă©tant non-diagnostiquĂ©e.
Elle se caractĂ©rise par la prĂ©sence de tissu endomĂ©trial en dehors de lâutĂ©rus. Elle provoque, ou est frĂ©quemment associĂ©e Ă , des douleurs et des troubles de la fertilitĂ©, mais Ă©galement un Ă©tat inflammatoire chronique, des troubles digestifs et urinaires, ou encore une fatigue chronique.
Bien que les mĂ©canismes Ă lâorigine de lâendomĂ©triose restent encore dĂ©battus, et que de nombreuses thĂ©ories tentent dâexpliquer le phĂ©nomĂšne en esquivant la composante hormonale, deux caractĂ©ristiques de la maladie sont particuliĂšrement bien documentĂ©es[i] : une dĂ©pendance aux ĆstrogĂšnes et une rĂ©sistance Ă la progestĂ©rone. Ces deux conditions Ă©troitement liĂ©es sont considĂ©rĂ©es comme le moteur biologique de la maladie par des groupes dâexperts[ii].
LâendomĂ©triose est caractĂ©risĂ©e par un Ă©tat inflammatoire chronique. Les lĂ©sions prĂ©sentent une augmentation de lâactivitĂ© de diffĂ©rentes voies inflammatoires, et des concentrations Ă©levĂ©es de mĂ©diateurs pro-inflammatoires sont retrouvĂ©es localement, mais aussi, souvent, au niveau systĂ©mique.
Ces phĂ©nomĂšnes hormonaux et inflammatoires ne semblent pas indĂ©pendants. Les auteurs de cette revue suggĂšrent lâexistence dâune interaction Ă©troite entre les deux : le dĂ©sĂ©quilibre hormonal favorise lâinflammation, tandis que lâenvironnement inflammatoire peut Ă son tour perturber lâĂ©quilibre hormonal.
Lâobjectif de ce papier est de synthĂ©tiser les connaissances concernant le rĂŽle de lâinflammation et de lâinflammasome dans lâendomĂ©triose, ainsi que leurs interactions avec les ĆstrogĂšnes et la progestĂ©rone.
Méthode utilisée
Il ne sâagit pas dâun essai clinique ni dâune Ă©tude observationnelle, mais dâune revue narrative de la littĂ©rature scientifique.
Les auteurs rassemblent les travaux disponibles concernant plusieurs voies impliquĂ©es dans lâendomĂ©triose : signalisation des ĆstrogĂšnes et de la progestĂ©rone, rĂ©cepteurs hormonaux, aromatase, cellules immunitaires, cytokines et autres mĂ©diateurs inflammatoires, NF-ÎșB, inflammasome, microbiote et endotoxines bactĂ©riennes, ainsi que leurs consĂ©quences potentielles dans le cadre de la maladie.
Les donnĂ©es prĂ©sentĂ©es proviennent donc de diffĂ©rents types de travaux : Ă©tudes chez lâhumain, analyses cellulaires et molĂ©culaires, expĂ©riences in vitro et modĂšles animaux.
Cette publication ne constitue pas une revue systĂ©matique ou une mĂ©ta-analyse et ne fournit donc pas dâestimation quantitative globale ou prĂ©cise d'un effet.
Résultats
La littĂ©rature rassemblĂ©e par les auteurs met en Ă©vidence 8 caractĂ©ristiques biologiques primaires et rĂ©currentes de lâendomĂ©triose.
1. Une signalisation ĆstrogĂ©nique profondĂ©ment modifiĂ©e
Les lĂ©sions endomĂ©triosiques prĂ©sentent une augmentation de lâexpression de lâaromatase (CYP19A1), enzyme permettant la synthĂšse dâĆstrogĂšnes, ainsi quâune diminution de lâexpression de la 17ÎČ-HSD2, impliquĂ©e dans lâinactivation de lâestradiol (E2), lâĆstrogĂšne le plus actif.
Ces modifications favorisent une plus grande activitĂ© locale de lâestradiol (E2).
Lâexpression (production, prĂ©sence) des protĂ©ines appelĂ©es « rĂ©cepteurs aux ĆstrogĂšnes » est Ă©galement modifiĂ©e : ERÎČ est fortement augmentĂ©, tandis quâERα est diminuĂ©.
2. Une « résistance à la progestérone »