Organochlorés et perte de poids : ce que deviennent les polluants stockés dans nos graisses
Pelletier, C., Imbeault, P., and Tremblay, A. « Energy balance and pollution by organochlorines and polychlorinated biphenyls ». Obesity Reviews, vol. 4, no. 1, 2003, pp. 17–24.
Résumé
Cette publication s'intéresse à une question que l'on se pose rarement quand on cherche à perdre du poids : que deviennent les polluants stockés dans nos graisses lorsque ces graisses sont mobilisées ?
Les chercheurs à l'Université Laval au Québec se sont penchés sur les organochlorés. Cette famille de polluants persistants regroupe les PCB (utilisés autrefois comme isolants électriques et plastifiants), certains insecticides (comme le DDT) et des sous-produits de combustion (comme les dioxines).
Ces composés sont liposolubles, se dégradent extrêmement lentement et se concentrent tout au long de la chaîne alimentaire. Même interdits depuis les années 1970 dans la plupart des pays occidentaux, on en retrouve encore aujourd'hui dans pratiquement tous les organismes vivants, humains compris.
En rassemblant plusieurs études, les auteurs montrent que la quantité de ces polluants dans le sang suit la masse grasse, qu'elle augmente nettement lors d'une perte de poids et que cette augmentation est associée à une baisse de l'hormone thyroïdienne active (T3), du métabolisme de repos et de la capacité des muscles à brûler les graisses.
Ils en concluent que ces polluants relâchés pendant l'amaigrissement pourraient freiner la perte de poids, voire favoriser la reprise et plaident pour une perte de poids modérée plutôt que rapide.