Parasites et accumulation de métaux lourds
Sures, Bernd, and Roy Siddall. « Pomphorhynchus laevis: The Intestinal Acanthocephalan as a Lead Sink for its Fish Host, Chub (Leuciscus cephalus) ». Experimental Parasitology, vol. 93, no. 2, 1999, pp. 66–72.
Résumé
Cette étude s'intéresse à un phénomène rarement étudié : la manière dont un parasite intestinal peut influencer la répartition d'un métal lourd dans l'organisme de son hôte. Les auteurs ont travaillé sur le chevesne (Leuciscus cephalus), un poisson d'eau douce et sur un ver parasite de son intestin, Pomphorhynchus laevis.
Jusqu'à présent, on savait que ce parasite était capable d'accumuler des métaux lourds à des concentrations très élevées. Ce que les auteurs cherchent à établir ici, c'est si cette accumulation a une conséquence réelle sur la quantité de plomb retrouvée dans les tissus de l'hôte.
Leurs résultats montrent que les poissons parasités accumulent significativement moins de plomb dans leur paroi intestinale que les poissons non parasités. En parallèle, une expérience en laboratoire montre que la bile joue un rôle central : elle active le parasite et augmente nettement sa capacité à capter le plomb. Les auteurs en déduisent que le ver intercepte le plomb lié à la bile avant que celui-ci ne soit réabsorbé par l'intestin, interrompant ainsi une partie du cycle entéro-hépatique du plomb.
Cette étude est présentée par ses auteurs comme l'un des premiers exemples documentés d'un effet bénéfique d'un parasite sur son hôte.