Toxines végétales - Ces aliments "sains" qui nous intoxiquent
✍️ Cet article a été rédigé initialement pour la revue Alternatif Bien-Être.
Je remercie chaleureusement son équipe pour la confiance qu’elle m’a accordée, me permettant de republier cet article sur Solsten et de vous en faire profiter.
Je vous invite à découvrir cette revue indépendante qui propose un regard large et pointu sur les solutions alternatives de santé, en donnant la parole à des experts aux approches variées et parfois peu connues. Alternatif Bien-Être vous propose chaque mois 32 pages d’informations sur la santé naturelle : dernières actualités, interviews de spécialistes, articles exclusifs et dossier complet sur une grande maladie. En complément, vous y trouverez également une sélection de livres, l’agenda et le courrier des lecteurs.
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Épinards, curcuma, noix de cajou, betteraves… Érigés en aliments miracles, ces végétaux et quelques autres sont loués sans retenue. Sur Internet, on ne compte plus les pages énumérant leurs innombrables vertus, réelles ou supposées. C’est dans l’air du temps... Le revers de la médaille, lui, ne fait pas l’objet d’une telle publicité. Or, il existe bel et bien ! Alerté par les récits d’accidents graves liés à l’ingestion de ces « superaliments », le nutritionniste Christian Petten a mené l’enquête. Il fait le point sur un domaine souvent ignoré des acteurs de la santé naturelle : la toxicité végétale. Un article indispensable pour revenir à une alimentation qui respecte nos gènes.
Curcuma, noix de cajou, betteraves, épinards, poivre noir, céréales intégrales, légumineuses : qui oserait accuser ces végétaux de causer des problèmes de santé ? Et pourtant, le phénomène existe réellement :
- Atteinte hépatique sévère, insuffisance rénale aigüe, coma profond, fibrillation ventriculaire menant à la mort malgré les tentatives de réanimation : cet accident de santé spectaculaire est survenu à la suite de la consommation d’une simple soupe, concoctée avec 500 gr de feuilles d’oseille fraîche[i].
- Insuffisance rénale aiguë avec perte de fonction : la victime de ce grave incident de santé avait consommé quotidiennement et pendant six semaines des smoothies associant betteraves, kiwis, persil, épinards et produits à base de soja[ii].
- Hépatites sévères en série : elles étaient induites par des suppléments concentrés de curcuma[iii] [iv].
Des affections plus discrètes, souvent mal identifiées
Bien que peu communs et souvent liés à des facteurs aggravants, comme une hyperperméabilité intestinale, la présence de carences significatives, l’alcoolisme, etc., ces cas extrêmes doivent nous rappeler une réalité dérangeante : tous les végétaux présentent un certain degré de toxicité naturelle[v] [vi].C’est ainsi que des affections plus discrètes, souvent mal identifiées, peuvent également résulter de l’ingestion chronique de toxines naturelles en quantités excessives. Et elles sont probablement plus fréquentes qu’on ne veut bien se le laisser dire.
Oxalates, phytates, lectines, glucosinolates, tannins, saponines, alcaloïdes, inhibiteurs de la trypsine, de l’amylase et des protéases, ou encore glycosides cyanogènes : telles sont les principales familles d’antinutriments ou de toxines naturelles, elles-mêmes parfois composées de tant de molécules aux effets variables et souvent peu étudiés qu’il serait vain, dans cet article, de plonger dans les détails de chacune d’elles.
Aussi, plutôt qu’une revue de détail, je vous propose plutôt un regard général et pragmatique sur la toxicité naturelle des végétaux, afin de sortir de l’angélisme béat sans toutefois tomber dans la phobie. J’évoquerai aussi le rôle médicinal que peuvent jouer certaines toxines du règne végétal, aspect paradoxal qu’il est utile de mentionner.